Ce n’est pas un défaut de confiance, c’est un mécanisme
Tu prépares une séance.
Et tu connais ton sujet.
Tu l’as déjà fait cinquante fois.
Et au moment où la personne en face commence à parler, une petite voix te souffle : « T’es sûr.e que t’es la meilleure personne pour ça ? Qu’est-ce qui fait que toi tu serais légitime pour l’aider ? »
Cette voix est documentée depuis presque cinquante ans.
Et elle est en général très mal comprise.
Cet article parle pas du syndrome de l’imposteur en général.
Il parle de ce qui se passe quand ton métier, c’est d’accompagner des gens ou de vendre ton expertise.
Coach, consultante, thérapeute, formateur, freelance : même mécanisme de base, avec deux ou trois accélérateurs que ton métier ajoute par-dessus.
Tu vas pas t’en débarrasser en lisant un article.
En revanche tu peux apprendre à l’utiliser efficacement.
Et ça se travaille avec des choses précises, dès cette semaine.
Ce que c’est vraiment, et ce que c’est pas
Deux psychologues, 1978, et un mot que personne a choisi
Le concept vient de deux psychologues américaines, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes.
En 1978, elles publient dans la revue Psychotherapy: Theory, Research and Practice un article tiré de leur travail clinique avec plus de 150 femmes très diplômées et très reconnues.
Ces femmes ont les diplômes, les résultats, les promotions.
Et malgré tout ça, elles restent convaincues d’avoir trompé leur monde.
Chaque réussite est mise sur le dos de la chance, du timing, d’un jury sympa. La preuve rentre pas. Elle glisse.
Le titre exact de leur article : « The Impostor Phenomenon in High Achieving Women ».
Phénomène. Pas syndrome.
Pourquoi « syndrome » est un abus de langage
En médecine, un syndrome, c’est un ensemble de signes qui pointent vers une pathologie.
Le phénomène de l’imposteur, ou sentiment d’imposture, lui, ne figure dans aucune classification diagnostique officielle.
Ni au DSM de l’Association américaine de psychiatrie.
Ni à la CIM de l’Organisation mondiale de la santé.
Ce n’est pas un diagnostic.
C’est une expérience subjective, mesurée par des questionnaires d’auto-évaluation.
Good news ? L’expérience subjective, c’est justement le champ d’application de la PNL.
Le mot est arrivé plus tard, par les médias et le développement personnel.
Parce que ça faisait vendre davantage de papiers.
Effet secondaire moche : il transforme un vécu banal en maladie personnelle.
Tu passes de « je vis un truc que des tas de gens vivent » à « j’ai quelque chose qui cloche chez moi ».
Résultat, tu cherches un traitement au lieu de chercher une action.
En 2020, une équipe de chercheuses et chercheurs européens a publié dans Frontiers in Psychology un article intitulé « Contextualizing the Impostor « Syndrome » ». Le mot est entre guillemets volontairement.
Leur point : la recherche traite le phénomène presque exclusivement comme un problème individuel, alors que l’environnement joue un rôle majeur.
T’as bien lu : le syndrome de l’imposteur, c’est le résultat des effets de ton environnement (tes proches, tes collègues, ta famille…) entre ta naissance et aujourd’hui !
Entre 9 % et 82 %, et ce que ça veut dire
Tu as sûrement croisé le fameux « 70 % des gens ont vécu le syndrome de l’imposteur » au moins une fois dans leur vie.
55 % de la population l’aurait aussi vécu dans les 3 dernières années.
Ce chiffre circule partout, et il est très difficile à sourcer proprement.
Ce qui est solide, c’est la revue systématique publiée en 2020 dans le Journal of General Internal Medicine par Dena Bravata et son équipe. Elle compile 62 études et 14 161 participants.
Le résultat est intéressant justement parce qu’il est instable : la prévalence mesurée va de 9 % à 82 % selon l’outil de mesure et le seuil retenu.
Autant dire que la question « combien de gens l’ont ? » est mal posée.
Il n’y a pas deux camps, ceux qui l’ont et ceux qui l’ont pas.
Il y a un curseur, qui bouge selon ton contexte et selon ce que tu tentes.
Ce qui compte, ça n’est pas de savoir si tu es dedans : c’est de savoir ce que ça te COÛTE en ce moment.
Trois choses que c’est pas
1 – Ça n’est pas de la modestie : la modestie, c’est la façon dont tu te présentes aux autres. Là on parle de ce que tu crois, de toi à toi-même, quand personne te regarde.
2 – Ça n’est pas non plus un manque de compétence, c’est souvent l’inverse (les vrais opportunistes, eux, dorment très bien).
3 – Et ça n’est pas un manque de confiance en soi général : la même personne peut être solide en séance et paniquée au moment d’annoncer un tarif.
Ça se joue par domaine, pas en bloc !
Pourquoi ça tape si fort quand tu vends ton expertise
Le mécanisme est le même pour tout le monde.
Quand ton métier consiste à faire bouger des gens, quatre choses l’amplifient.
Ton résultat est réel mais difficile à attribuer
Un plombier voit la fuite s’arrêter.
Toi, tu accompagnes des décisions, des déclics, des changements de posture. C’est réel, et c’est diffus.
Ton client réussit ? Ton cerveau te dit « c’est lui qui a bossé ».
Il stagne ? Le même cerveau te dit « c’est ta faute ».
Pile il gagne, face tu perds.
Tant que tu laisses ton cerveau arbitrer tout seul, l’arbitrage ne sera jamais en ta faveur.
Personne ne mesure ton niveau, alors tu t’inventes un juge
J’ai fait du kendo pendant treize ans.
Au dojo, la question de la légitimité ne se pose pas : tu montes sur le tatami, tu croises le sabre, et en trois secondes tout le monde voit où tu en es. C’est brutal et c’est reposant.
Le coaching, le conseil, la formation, ils n’ont pas de tatami.
Le titre de coach n’est même pas protégé en France.
Alors chacun s’invente un juge intérieur, et ce juge applique un barème qu’il n’a jamais montré à personne.
Tu vends quelque chose que tu es en train de traverser
Tu aides des gens à s’autoriser, à décider, à passer à l’acte.
Et au même moment, toi, tu t’autorises pas à publier, à appeler, à annoncer ton prix.
Au doute sur ta compétence s’ajoute le doute sur ta cohérence.
Beaucoup gèrent ça en se donnant un délai. « Je m’y mets sérieusement quand je serai prêt. »
Le délai s’allonge tout seul.
Tu compares ton backstage à leur vitrine
Ouvre LinkedIn. En trente secondes tu croises un coach qui « cartonne », une consultante qui affiche complet, un lancement à six chiffres.
Tu compares ce que tu vis de l’intérieur avec ce qu’ils montrent de l’extérieur.
Le match est perdu d’avance parce que c’est pas le même match.
Rudy Mignardot est intervenu chez nous sur la vidéo et l’acquisition.
Il dit une chose que je reprends souvent : tu as pas besoin d’être meilleur pour être utile, tu as besoin d’être un peu plus avancé que la personne que tu veux aider.
Les cinq mécanismes qui l’entretiennent
Tout seul, le doute s’éteint.
Ce qui le maintient en vie, ce sont des comportements.
1. La certification de plus
Face au doute, le réflexe le plus répandu chez les gens que j’accompagne : se former encore. Une certif de plus. Puis une autre.
Je crache pas sur la formation, c’est mon métier.
Le problème, c’est pas la certif, c’est ce que tu lui demandes.
Beaucoup n’y cherchent pas une compétence, ils cherchent une autorisation. Un papier qui ferait taire la petite voix.
Et ça ne marche jamais : le papier répond à une question de compétence alors que la voix pose une question de légitimité.
Le signal : si tu sais déjà quoi faire et que tu t’inscris quand même, c’est pas de la formation. C’est de l’évitement en costume de sérieux.
2. Le plafond acheteur
Tu ne vends jamais plus que ce que tu es prêt à acheter.
Si tu refuses de dépenser cinquante euros pour ton activité, tu vas avoir un mal de chien à en demander deux mille à quelqu’un.
C’est mécanique : comme tu n’achètes pas ce type d’accompagnement pour toi, tu n’es pas convaincu qu’il vaut le prix. Et ça s’entend dans ta voix au moment d’annoncer.
Le diagnostic tient en deux questions.
Combien tu as investi en accompagnement individuel sur les douze derniers mois ? Combien en formation continue ?
Si les deux réponses sont zéro, ton blocage n’est pas d’abord commercial.
3. Le rejet commercial qui devient un rejet de toi
Erika Vinchon-Duc est intervenue chez nous sur le sujet commercial. Elle a mis des mots très justes là-dessus.
Quand tu enchaînes les appels dans le dur et que ça raccroche, tu prends ça pour toi. L’estime de soi encaisse.
Et le doute qui en sort ressemble à s’y méprendre à un doute sur tes compétences.
Alors que non : ça veut souvent juste dire que tu as appelé au mauvais endroit.
C’est devenu un réflexe chez nous : quand quelqu’un revient avec une posture qui doute, on regarde d’abord s’il y a eu une phase de prospection dure récente.
Le doute n’est souvent pas existentiel, il est résiduel. C’est le reste de cinquante refus, pas une information sur ta valeur.
4. La malédiction du savoir
Plus tu maîtrises quelque chose, moins tu le vois.
Ce que tu fais en pilote automatique te semble évident, donc tu supposes que tout le monde le fait, donc tu en parles pas, donc tu le vends pas, donc tu as l’impression de rien avoir de spécial à offrir.
J’ai vécu exactement ça au démarrage du Bootcamp Coaching.
Je me disais : je vais quand même pas leur parler de calibration et de reformulation, tout le monde fait ça.
Je l’ai mis dedans quand même. Et je les ai vus se mettre à pleurer juste en entendant le truc.
Le test : prends un truc appris il y a plus de trois ans, que tu fais sans y penser et qui t’ennuie à expliquer.
Trois oui sur trois, c’est probablement ton actif le plus vendable.
5. La conseillite
Tu as un projet. Tu demandes un avis. Puis un deuxième. Puis un cinquième.
Chaque avis ajoute une contrainte. Et à la fin, tu obtiens un truc que plus personne ne veut, toi compris.
La conseillite te retire la décision et occupe le temps que tu aurais passé à tester.
C’est une manière très socialement acceptable de pas y aller.
Les cinq signaux que tu es dedans
Ça se camoufle bien, parce que ça ressemble à du travail sérieux.
- Tu en es à la quatrième version d’un truc qui était déjà bon. Les versions 2 et 3 amélioraient. La 4 déplace des virgules.
- Tu multiplies les avis extérieurs.
- Tu parles en boucle du même détail. Il change de nom, la conversation est la même depuis six semaines.
- Tu repousses le lancement. À chaque fois pour une bonne raison, et il y en aura toujours une.
- Tu es soulagé quand un nouveau problème apparaît. Si un obstacle te détend au lieu de t’agacer, c’est qu’il te sert.
Trois sur cinq, arrête de bosser sur la structure. Le sujet n’est plus là.
Un garde-fou quand même : si ton offre est objectivement faible, ton doute est du bon sens.
Le doute est un frein quand il est déconnecté des faits, pas quand il les décrit.
Ce qui le déplace concrètement
Ces six trucs sont ceux que je vois produire des effets, chez moi comme chez les gens qu’on accompagne.
1. Constitue ton dossier de preuves
Ta petite voix est très douée pour argumenter. Elle est nulle face aux faits écrits.
C’est d’ailleurs pour ça que te répéter que tu es légitime ne marche pas : elle a des arguments, et toi tu as un slogan.
Reprends tes quatre ou cinq derniers accompagnements.
Pour chacun, note en une phrase ce qui a concrètement changé pour la personne : une décision prise, un truc lancé, un chiffre.
Si tu l’as pas, demande-le par écrit. Un simple « qu’est-ce qui a changé pour toi depuis qu’on a bossé ensemble ? » suffit.
Tu relis ce document chaque fois que la voix cause.
2. Pose-toi la question qui enlève les outils
Si j’enlevais tous les outils, toutes les méthodes, tous les modèles, et que je devais juste y aller maintenant : qu’est-ce qui m’arrêterait ?
Si la réponse ressemble à « je saurais pas faire », le sujet est une compétence. Une formation ciblée réglera ça.
Si elle ressemble à « qui je serais pour porter ça », aucune formation ne le réglera.
Deux minutes qui t’évitent de payer une formation pour un problème qui n’en est pas un.
3. Change de juridiction
Voilà le déclic qui m’a le plus servi : ce n’est pas à toi de trancher. Et ce n’est pas non plus à toi de trancher en avance.
La légitimité, ce n’est pas un état intérieur que tu atteins un matin. C’est un verdict extérieur, et il se rend sur des faits.
Le marché te dira, quand tu l’auras testé. Tu n’as pas à imaginer, tu as à mesurer.
Concrètement : tu remplaces « est-ce que je suis légitime ? » par « qu’est-ce que je mets sur la table cette semaine pour avoir une réponse ? »
4. Fais-toi voir en train de travailler
Trouve un pair, un superviseur, un groupe de pratique, et montre ta vraie séance.
Pas la version présentable. La vraie, avec le moment où tu as pas su quoi faire.
Ce que tu découvres presque toujours, c’est que tu es meilleur que ce que tu crois sur les trois quarts du truc.
Et le quart qui coince se corrige en deux ou trois retours précis.
5. Deviens acheteur avant d’être vendeur
Si tu as investi zéro sur toi cette année, commence par là.
Achète un accompagnement pour un vrai problème que tu as. Pas pour la compétence, pas pour la certif, pour le résultat.
Tu annonces ton prix autrement quand tu sais de l’intérieur ce qu’un accompagnement fait vivre à quelqu’un qui paie.
6. Fixe-toi une action lisible et courte
Si on attend de ne plus avoir le doute pour agir, on ne fait plus rien. Et il s’installe.
Le sentiment d’être prêt vient après l’action, pas avant. Il vient de la familiarité, qui vient de la répétition.
Une action lisible, c’est une action qui tient dans la semaine et dont tu sais dire en une phrase si tu l’as faite ou pas.
Publier un post. Envoyer trois messages. Annoncer un tarif à une personne.
Pas « travailler mon positionnement ».
Et une fois un vaut mieux que mille fois zéro : fais-en une, en entier.
Et si le problème ne venait pas seulement de toi ?
Il faut être honnête sur un point, sinon cet article serait un article de plus qui te met tout sur le dos.
En 2021, Ruchika Tulshyan et Jodi-Ann Burey ont publié dans la Harvard Business Review « Stop Telling Women They Have Impostor Syndrome ».
Leur argument est direct : le concept a été construit sans tenir compte du racisme structurel, du sexisme et des différences de classe et d’origine.
Et il fait porter à l’individu la responsabilité d’un ressenti qu’un environnement produit très bien tout seul.
Leur phrase la plus reprise dit que le syndrome de l’imposteur nous pousse à réparer les femmes au travail au lieu de réparer les lieux où elles travaillent.
D’où une deuxième question à te poser avant de te mettre au travail sur toi.
Est-ce que je me sens illégitime, ou est-ce qu’on est en train de me traiter comme si je l’étais ?
Un réseau où on te coupe la parole, un secteur où on te demande trois fois plus de preuves qu’aux autres, un client qui négocie ton prix parce que tu as l’air jeune : c’est pas ton mental. C’est ton contexte.
Et le travail n’est pas le même. Dans un cas, tu bosses ta posture. Dans l’autre, tu changes de salle.
Et maintenant
Le doute ne partira pas complètement, et heureusement.
Un doute ponctuel, c’est ce qui te garde exigeant. Ce que tu vises, c’est qu’il te fasse préparer ta séance. Pas qu’il t’empêche de la proposer.
Ce qui l’a déplacé chez moi, c’est toujours la même combinaison. Je la vois marcher chez les gens qu’on accompagne : des preuves écrites, une pratique regardée par quelqu’un d’autre, et des actions assez petites pour être faites en doutant.
Si tu fais une seule chose cette semaine, écris ton dossier de preuves.
Chez LevelUp, c’est exactement ce qu’on a construit avec le Bootcamp Coaching : tu apprends à faire bouger tes clients, et tu te fais bouger toi en même temps. Parce que les deux se tiennent.
Si ton sujet est plutôt de te sentir solide en séance, avec des protocoles précis à sortir quand ça coince, c’est le cursus Coaching et PNL.
Et si ce qui te manque, c’est d’arrêter d’être seul ou seule avec ton doute, le Dojo existe pour ça.
Pour aller plus loin : mon récit, deux ans à me sentir illégitime comme coach, et pourquoi les coachs stagnent si ce qui te bloque ressemble plus à un plateau qu’à un doute.
Et toi, en ce moment, il te coûte quoi exactement, ce doute ?
FAQ sur le syndrome de l’imposteur
Le syndrome de l’imposteur est-il une maladie ?
Non. Il ne figure dans aucune classification diagnostique officielle. Ni au DSM de l’Association américaine de psychiatrie, ni à la CIM de l’Organisation mondiale de la santé. Les deux psychologues qui l’ont décrit en 1978 parlaient d’ailleurs de « phénomène », pas de syndrome.
Combien de personnes sont concernées ?
Il n’y a pas de réponse fiable à un chiffre près. La revue systématique de Bravata et son équipe (2020, Journal of General Internal Medicine) a compilé 62 études et 14 161 participants : la prévalence mesurée va de 9 % à 82 % selon l’instrument et le seuil utilisés. Le chiffre de 70 % qui circule partout est difficile à sourcer proprement.
Est-ce que ça touche surtout les femmes ?
L’étude fondatrice de 1978 portait sur des femmes, ce qui explique l’idée reçue. La revue de Bravata montre que le phénomène est fréquent chez les hommes comme chez les femmes. Cela dit, Ruchika Tulshyan et Jodi-Ann Burey rappellent que certains environnements produisent activement ce ressenti chez les personnes qui y sont minoritaires.
Sources
- Clance, P. R. & Imes, S. A. (1978), « The Impostor Phenomenon in High Achieving Women: Dynamics and Therapeutic Intervention », Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 15(3), 241-247. Texte intégral
- Bravata, D. M. et coll. (2020), « Prevalence, Predictors, and Treatment of Impostor Syndrome: a Systematic Review », Journal of General Internal Medicine. Article
- Feenstra, S., Begeny, C. T., Ryan, M. K., Rink, F. A., Stoker, J. I. & Jordan, J. (2020), « Contextualizing the Impostor « Syndrome » », Frontiers in Psychology, 11:575024. Article
- Tulshyan, R. & Burey, J.-A. (2021), « Stop Telling Women They Have Impostor Syndrome », Harvard Business Review. Article
Si tes clients tournent en boucle, ou si t’as encore l’impression de jouer trop petit, le Bootcamp Coaching est certainement pour toi.